Vers un tri entre vaccinés et non-vaccinés à l’école? «L’État est défaillant dans son premier devoir»

libre info france

Pour la rentrée, le nouveau protocole sanitaire dans les établissements scolaires est dévoilé. Dans les collèges et les lycées, les élèves non vaccinés seront «évincés» s’il y a un cas de contamination. Une disposition «inadmissible» pour René Chiche, professeur de philosophie et membre du Conseil supérieur de l’éducation.

«Cette façon de faire est absolument scandaleuse: ce n’est pas de l’incitation, c’est tout simplement du chantage», s’indigne René Chiche au micro de Sputnik.

Le professeur de philosophie ne décolère pas. Ce mercredi 28 juillet sur France Info, Jean-Michel Blanquer a dévoilé une partie du nouveau protocole sanitaire qui s’appliquera dès la rentrée prochaine dans les établissements scolaires. Au programme, notamment: rien de moins qu’un tri entre «vaccinés» et «non vaccinés» parmi les collégiens et les lycéens. «Dans le secondaire, s’il y a un cas de contamination» au Covid-19, «les élèves non vaccinés seront évincés, mais pas les vaccinés», a détaillé le ministre de l’Éducation nationale. Les «évincés» seront en enseignement à distance, a ajouté le ministre.

Dans le primaire, «les classes seront fermées dès le premier cas de Covid», comme ce fut le cas au cours de l’année scolaire écoulée, a précisé M. Blanquer.

«C’est une disposition catastrophique: on va créer un enseignement à deux vitesses», s’insurge René Chiche. «L’État est défaillant dans son premier devoir, à savoir assurer la même instruction à tous.»

L’auteur de La désinstruction nationale (Éd. Ovadia) fustige donc ce régime où certains écoliers n’auront pas d’accès au même enseignement que les autres. Et ce alors même que le Premier ministre avait dit exactement le contraire. Il y a tout juste une semaine, Jean Castex promettait ainsi sur le plateau de TF1 que le pass sanitaire n’entrerait pas en vigueur dans les établissements scolaires. «Toute notre stratégie depuis le début de la crise a consisté à ce que les enfants de France soient le plus possible scolarisés. Alors, on ne va pas dire maintenant, si vous n’êtes pas vaccinés, d’autant que certains n’y peuvent rien, on va vous priver d’école», assurait alors le chef du gouvernement.

«Jean-Michel Blanquer contourne la loi»

Le changement de braquet laisse peu de place au doute du côté de l’exécutif. Ces mesures sont «évidemment une forte incitation à être vacciné», a admis Jean-Michel Blanquer. Pour tendre vers un taux de vaccination maximal dans le secondaire, «6.000 à 7.000 centres de vaccination» seront déployés à partir de la rentrée «dans ou à côté» des établissements scolaires, a-t-il également annoncé.

Une stratégie du «tout vaccinal» qui interpelle René Chiche. «Comment aurons-nous accès au statut vaccinal des élèves étant donné que le pass sanitaire n’est pas en vigueur dans les établissements scolaires?», s’interroge le vice-président du syndicat Action et Démocratie/CFE-CGC.

«La loi qui vient d’être votée par le Parlement ne mentionne absolument pas les établissements scolaires. Mais avec l’excuse de l’état d’urgence sanitaire, tout est permis, tout est possible. Que Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, contourne la loi, cela donne quand même un très mauvais exemple», accuse René Chiche.

Autre problème soulevé par le professeur de philosophie: le fait que la vaccination n’empêche pas la contamination et la transmission. Si les vaccins contre le Covid réduisent de 40% à 50% le risque de transmission, selon certains virologues, celui-ci n’est pas nul pour autant. Le CDC (Centre –américain– pour le contrôle et la prévention des maladies) estime même que la charge virale des vaccinés est presque identique à celle des non-vaccinés. «Quand vous êtes vacciné, vous ne risquez pas de contaminer les autres, alors que si vous n’êtes pas vacciné, vous faites courir ce risque», a pourtant affirmé Jean-Michel Blanquer sur France Info.

Vers une obligation vaccinale étendue aux enseignants?

Enfin, s’il a pour le moment écarté l’idée d’une obligation vaccinale pour les enseignants, comme c’est bientôt le cas pour les soignants et les employés d’établissements recevant du public, le ministre de l’Éducation nationale a laissé planer la menace. «Le pourcentage de professeurs se vaccinant est très important, je pense que ça a dépassé les 80%», a-t-il souligné. «Il faut que ce chiffre aille le plus possible vers 100% pour que nous ne devions pas aller vers l’obligation vaccinale, c’est le dernier recours. Si le pourcentage est trop faible de professeurs vaccinés, on devrait aller vers cela», a ainsi reconnu M. Blanquer.

​«Je refuse de signer un “consentement libre et éclairé” avec un pistolet sur la tempe. C’est tout à fait contraire à tout ce que j’enseigne», s’insurge René Chiche.

«L’argument utilisé par le ministre de la Santé pour justifier l’obligation vaccinale pour certaines professions, c’est le fait que ce sont des personnes au contact de gens fragiles. Cet argument ne peut pas être transposé pour les enseignants! En réalité, c’est même totalement l’inverse: ce sont plutôt les enfants qui sont susceptibles de transmettre le virus aux enseignants», argue le professeur de philosophie.

Pour René Chiche, membre du Conseil supérieur de l’éducation, ce nouveau tour de vis n’est rien moins qu’une «destruction de l’État de droit», laquelle «prépare les esprits à toute espèce de régression à venir» selon lui.

«Pourquoi ne rendent-ils pas tout simplement la vaccination obligatoire? Si le gouvernement l’avait fait, on n’aurait pas ces mesures complètement folles du point de vue du droit. Toutes choses égales, ces mesures sont tout aussi graves –si ce n’est plus– que le virus», tranche l’enseignant.



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