Vaccination des enfants: une «épée de Damoclès sur leur devenir»?

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Alors que les différentes agences mondiales du médicament réfléchissent au bien-fondé, de vacciner les enfants contre le Covid-19, certains spécialistes pointent un intérêt relatif pour les plus jeunes, moins susceptibles de développer des formes graves. Pour le docteur Fabre-Grenet, le principe de précaution doit ici primer.

«L’enfant n’est pas un adulte en réduction, mais en construction. Ce qui arrive à un instant T peut donc avoir un effet boomerang ou domino sur le long terme.»

Le docteur Marie Fabre-Grenet, pédiatre et directrice médicale d’un Centre d’action médico-socio-éducative précoce (CAMSEP), confie être «inquiète» au micro de Sputnik, au sujet de la vaccination contre le Covid-19 des plus jeunes. Pourtant, aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA), l’autorité américaine des médicaments, devrait autoriser la vaccination des adolescents âgés de 12 à 15 avec le sérum développé par Pfizer et BioNTech, selon des informations du New York Times.

​En Europe, après des demandes d’autorisations déposées par les deux entreprises, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé le 3 mai avoir entamé l’évaluation de l’utilisation du vaccin Pfizer-BioNTech chez les 12-15 ans. Les résultats de cette évaluation devraient être communiqués en juin prochain.

Quel bénéfice/risque pour les plus jeunes?

Si le docteur Fabre-Grenet trouve «très sage d’inoculer les personnes à risque afin d’empêcher les formes graves de la maladie», il en serait autrement pour les plus jeunes:

«Concernant les enfants, c’est mettre une épée de Damoclès sur leur devenir», estime-t-elle.

Sur RMC, le docteur Martin Blachier a dénoncé quant à lui une «hérésie», plaidant pour une vaccination totale de la population la plus vulnérable.

​La pédiatre enfonce le clou: «on navigue un peu à l’aveugle

«La médecine, c’est de déterminer quelle est la balance bénéfice/risque et là, on raisonne en termes de population. On oublie que certaines personnes peuvent en pâtir», souligne le docteur Fabre-Grenet.

La porte-parole du collectif de santé pédiatrique, affilié au collectif Réinfo Covid, pointe l’absence «de certitude quant aux effets secondaires à moyen et long terme.» Elle en veut notamment pour preuve le fait que les vaccins disponibles ont des autorisations de mises sur le marché (AMM) conditionnelles. Comme l’explique l’ANSM, cela permet «l’autorisation de médicaments qui répondent à un besoin médical non satisfait, avant que des données à long terme sur l’efficacité et la sécurité ne soient disponibles», sous réserve d’un bénéfice/risque positif. En revanche, lorsque les autorités européennes ont reçu et évalué toutes les données complémentaires exigées, l’AMM conditionnelle peut être convertie en une AMM standard.

«Le code de déontologie en médecine, c’est “primum non nocere”, “d’abord ne pas nuire”. Tant que l’on n’a pas une AMM classique, je trouve cela très prématuré d’envisager la vaccination des enfants.»

Des éléments qui font donc dire à la pédiatre qu’il est nécessaire d’appliquer le «principe de précaution», même si elle concède qu’il existe quelques cas de «Covid long».

Les enfants peu touchés par les formes graves de Covid-19

Par ailleurs, certains enfants et adolescents, après avoir contracté le Covid-19, sont frappés par le «syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique» (MIS-C ou PIMS), une maladie rare qui provoque des troubles cardiaques. Plus de 500 cas auraient été observés en France entre le 1er mars 2020 et le 25 avril 2021, d’après Santé publique France. En outre, pour les enfants atteints de fragilité immunitaires ou affectés par des facteurs de comorbidité, la vaccination est fortement recommandée par les sociétés savantes.

L’autre point que soulève la pédiatre est que «le consentement éclairé d’un enfant n’existe pas, donc cela va être les parents qui vont prendre la décision.» Alors faut-il les vacciner? Rien n’est moins sûr, estime le docteur Fabre-Grenet. En effet, les enfants sont très peu représentés parmi les patients hospitalisés pour cause de Covid-19 et moins encore parmi les décès (moins de 1%), d’après les données de Santé publique France.

De plus, leur rôle dans la transmission du virus reste flou. Stéphane Bancel, PDG du laboratoire Moderna qui a lancé des essais sur les enfants âgés de 6 mois à 11 ans, a affirmé sur BFMTV que «les ados et les enfants transmettront le virus aux grands-parents à l’automne prochain.» Cependant, selon une étude menée par des chercheurs britanniques, regroupant 6.000 rapports internationaux, les plus jeunes auraient environ 50% de risque en moins que les adultes de contracter le Sars-CoV-2 et donc de le transmettre.

Objectif: immunité collective

Par ailleurs, le docteur Fabre-Grenet avance qu’en «l’état actuel des connaissances, nous ne sommes pas certains que le vaccin empêche totalement la propagation virale.» Des propos qui font écho aux déclarations d’Olivier Véran, qui a rappelé que «le vaccin n’empêche pas de transmettre le virus aux tiers. L’impact de la vaccination sur la propagation du virus n’est pas encore connu.» Une réponse qui faisait suite au recours déposé devant le Conseil d’État par un retraité qui souhaitait demander la levée du confinement pour les personnes vaccinées.

Pourtant, l’objectif de la vaccination des enfants pourrait se trouver ailleurs: une possible ouverture de la cible vaccinale pourrait s’expliquer par la volonté de créer une immunité collective. Alain Fischer, président du Conseil d’orientation de la stratégie, a d’ailleurs jugé qu’il serait «logique de vacciner les enfants». L’Institut Pasteur estimait ainsi que neuf adultes sur dix devront être vaccinés, en l’absence de vaccination des enfants.

«Je ne suis pas très à l’aise avec cette politique-là. Pour les enfants, j’ai plein de warnings. Je ne sais pas ce que cela va donner», conclut sombrement le docteur Marie Fabre-Grenet.



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