Soignants contre le vaccin obligatoire: suspendus «comme des merdes» – vidéo

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Dernière grogne du personnel soignant avant que la vaccination ne devienne obligatoire leur profession: plusieurs centaines d’entre eux se sont rassemblées ce 14 septembre devant le ministère de la Santé à Paris. Sputnik était sur place.

«Même si ça dure six mois, je ne sais pas comment je vais manger, je vais me retrouver dehors, mais non je ne le ferai pas.»

Julie, une assistante sociale dans un hôpital d’Île-de-France, n’en démord pas: elle ne se fera pas vacciner. Quand bien même elle risque d’être suspendue «comme une merde, une moins que rien», et donc de ne plus avoir de rémunération.

Et pour cause, à partir du 15 septembre, les personnels soignants des hôpitaux, cliniques ou des EHPAD, ainsi que les pompiers, ambulanciers et les aides à domicile devront être vaccinés contre le Covid-19 pour travailler. Néanmoins pour Julie, il s’agit d’un combat contre «ce vaccin», qu’elle juge «dangereux».

«C’est une injustice totale, [j’ai] une très grande crainte pour tous ces vaccinés, parce que mes enfants et mon petit-fils de quatorze ans sont aussi dedans. J’ai très peur qu’il leur arrive des choses horribles», avance cette assistance sociale.

Au-delà des craintes liées à la vaccination que pourraient exprimer certains manifestants, c’est surtout un sentiment de colère qui les anime: «il faut arrêter de stigmatiser nos collègues qui sont mieux vaccinés que le reste de la population», souligne Mireille Stivala, secrétaire générale de la CGT Santé.

Une injonction «injuste»?

En effet, environ 84% des soignants travaillant dans les hôpitaux et les EHPAD ont un parcours vaccinal complet (88% ont reçu au moins une dose), selon les chiffres communiqués par Santé publique France. En outre, près de 90% des libéraux sont totalement vaccinés (94% au moins une dose). Par ailleurs, plus de 95% des fonctionnaires agents publics des hôpitaux ont déjà reçu au moins une première dose du vaccin contre le Covid-19, a déclaré le 13 septembre Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction publique.

Il ne reste qu’une minorité de récalcitrants donc, que l’infectiologue Karine Lacombe sur BFMTV n’a pas manqué de tancer: si «on ne veut pas se faire vacciner, on change de métier». «Quand on s’engage dans le soin, on pense aux autres. Et penser aux autres, c’est faire en sorte d’être vacciné et protégé pour ne pas se contaminer et pour ne pas contaminer les autres», a-t-elle poursuivi.

​Une injonction jugée pourtant «injuste», estime par Pascale, qui travaille depuis 34 ans dans un hôpital francilien: «pourquoi on m’empêche de travailler? Je suis responsable, je ne nie pas la maladie, on a été là, je ne me suis jamais arrêtée pendant le Covid».

«Hier, ils [les personnels soignants, ndlr] étaient indispensables, aujourd’hui, ils sont jetables», résume Mireille Stivala.

La syndicaliste craint d’ailleurs que cette obligation ne génère de nouvelles difficultés dans le fonctionnement des hôpitaux, car «nous sommes dans un système totalement en tension sur les effectifs».

​Début septembre, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, s’inquiétait déjà de possibles perturbations: «Si 5 ou 10% du personnel des hôpitaux s’en va, c’est une catastrophe sanitaire».

«On va perdre des professionnels, sur certains secteurs qui demandent des qualifications […] donc on ne pourra pas les remplacer du jour au lendemain et c’est bien ça l’inquiétude: comment on va faire les prochaines semaines», prévient Mireille Stivala.



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