Que risque la spectatrice ayant entraîné la chute des coureurs au Tour de France?

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La première étape du Tour de France entre Brest et Landerneau a été marquée par la chute du peloton provoquée par une spectatrice brandissant une pancarte. Si la gendarmerie a annoncé être à la recherche de cette femme, la question que tout le monde se pose est de savoir quelles sont les risques qu’elle encourt au niveau pénal?

À peine commencé et déjà dans l’Histoire. C’est ainsi que l’on pourrait résumer la première étape du Tour de France entre Brest et Landerneau. Non pas pour la victoire du Français Juilan Alaphilippe, mais bien à cause de cette chute générale provoquée par une spectatrice.

Vers 16h15 à 45 kilomètres de l’arrivée, au niveau de la commune de Saint-Rivoal, le peloton fait une chute collective à cause d’une spectatrice s’étant mise sur la chaussée avec une pancarte sur laquelle était écrit «Allez Opi Omi».

​Depuis, la spectatrice est introuvable, s’étant enfuie avant l’arrivée des enquêteurs. Sur sa page Facebook, la gendarmerie du Finistère annonce être à sa recherche dans le cadre d’une enquête judiciaire pour «blessures involontaires avec incapacité n’excédant pas trois mois par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence».

Selon l’article 220-20 du code pénal la sanction diffère du caractère délibéré ou non de l’infraction.

Si le caractère délibéré est retenu, le code pénal prévoit une condamnation pouvant aller jusqu’à un an de prison et 15.000 euros d’amende. Si la maladresse est retenue, c’est l’article R 625-2 qui s’applique avec une contravention de 1.500 euros.

L’organisateur du Tour de France a annoncé son intention de porter plainte contre X. Par ce dépôt de plainte, ASO souhaite montrer aux éventuels perturbateurs qu’ils seront prêts à répondre si cela venait à se répéter. En effet, les étapes de montagne sont particulièrement propices à ce type de faits puisqu’il est très courant de voir des spectateurs aller sur la chaussée.

Une action judiciaire possible?

En juillet 2018, l’UCI (Union Cycliste Internationale) avait répondu au journal Libération en affirmant que si le spectateur n’était pas licencié à l’UCI, ce qui semble être le cas de cette dame,

il ne pouvait y avoir de sanctions disciplinaires. Pour le volet civil l’UCI a expliqué que toute personne ou entité ayant subi un préjudice économique du fait de la chute serait légitime à demander réparation. Cela pourrait donc également inclure l’équipe et l’organisateur suivant le cas de figure. Ceci explique la réactivité des organisateurs du Tour puisque cet acte peut nuire à la réputation de l’épreuve.

Enfin, en ce qui concerne le volet pénal, l’UCI indique que seul le coureur blessé dispose a priori d’une action à l’encontre du spectateur l’ayant fait tomber.
Cependant, si l’on regarde les précédents, cette dernière possibilité semble à exclure et les dernières déclarations des participants au Tour vont dans ce sens.

Quels sont les précédents?

En 2019 lors du Tour d’Italie, une personne avait provoqué la chute de Miguel Angel Lopez qui s’était ensuite retourné contre elle en lui assénant quelques coups. En 2018 pendant le Tour de France, Vincenzo Nibali était tombé après avoir été déséquilibré par le téléphone d’un spectateur. L’Italien avait déposé plainte contre X, plainte restée sans suite. En 1999 durant le Tour de France, Giuseppe Guerini avait chuté à cause d’un autre individu et les deux protagonistes avaient réglé l’affaire par une simple poignée de main.

Pour trouver trace d’une condamnation, il faut remonter au Tour de France 1975 où un spectateur avait asséné un coup de poing dans le foie d’Eddy Merckx. L’auteur des faits, Nello Breton, un habitant de l’Allier de 55 ans, avait été condamné à un an de prison avec sursis, à verser un franc symbolique au sportif ainsi qu’à deux ans d’interdiction d’assister à toute course cycliste. Cependant, cette première dans l’histoire du Tour de France était lié au fait que Bernard Thévenet, le rival d’Eddy Merckx, était en bonne posture pour stopper la domination de ce dernier dans les années 70. Des faits qui auront pour conséquence la défaite de Merckx face à Thévenet.

Bernard Hinault, vainqueur du Tour de France en 1985, déclarait sur Franceinfo que «Malheureusement, ça a toujours existé. Il existe des gens inconscients qui feraient n’importe quoi pour se montrer.»

Une chose est certaine: le Tour de France a commencé et les énergumènes prêts à tout pour quelques secondes de gloire face aux caméras du monde entier sont de sortie.

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