«Morts ou vifs»: des photos de policiers affichées sur un mur dans l’Isère

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Une photo de policiers, accompagnée de menaces de mort, a été placardée sur un mur de la banlieue grenobloise. Une méthode d’intimidation qui fait florès depuis quelques semaines.

Alors que les policiers se mobilisent après l’assassinat de l’un des leurs à Rambouillet, les cas de menaces à leur encontre continuent de se multiplier. Une nouvelle mode semble même apparue ces dernières semaines, consistant à coller sur des murs des photos de policiers, agrémentées d’insultes ou d’intimidations.

Nouvelle illustration à Échirolles, dans l’Isère, où une photo de ce type, représentant trois fonctionnaires en uniforme, a été retrouvée scotchée en pleine rue, rapporte France Bleu. L’image été accompagnée de la mention «morts ou vifs». Elle a été découverte par une infirmière qui faisait sa tournée. La soignante en a informé la police grenobloise.

Une enquête a été ouverte et confiée à la direction départementale de la sécurité publique de Grenoble. Si le ou les auteurs des faits venaient à être retrouvés, ils risqueraient jusqu’à trois ans de prison.

Les forces de l’ordre ont été la cible de nombreuses attaques ce mois-ci, à Échirolles, dans la banlieue grenobloise. Le 9 avril, un équipage de CRS a ainsi essuyé des jets de projectiles, avant de se voir percuté par un autre véhicule. Le 20 avril, des policiers ont été pris à partie par une cinquantaine d’individus et visés par des projectiles. Rebelotte le 22 avril en soirée, où des agents ont encore été touchés par des mortiers d’artifice.

Un nouveau phénomène?

Ce n’est pas la première fois que des policiers voient leurs photos étalées de la sorte sur les murs, en guise de menace. Deux faits de la même nature se sont produits en Seine-Saint-Denis courant avril.

À Épinay-sur-Seine, les images affichées dans un hall d’immeuble représentaient en particulier des agents en compagnie de leurs épouses, fait qui avait provoqué l’indignation de Gérald Darmanin. Le ministre de l’Intérieur avait dénoncé ces actes devant les parlementaires, lors du vote de la loi Sécurité globale.

«Je veux dire à quel point ces comportements de divulgation de l’identité et de la vie personnelle de ces policiers et gendarmes […] est une honte pour la République», avait-il ainsi déclaré.

Le récent attentat de Rambouillet n’a fait que renforcer la colère et le ras-le-bol des forces de l’ordre. Certains syndicats ont dénoncé un climat d’hostilité à l’égard de la police en France. Sur BFM TV, Denis Jacob, secrétaire général d’Alternative Police CFDT, a ainsi pointé du doigt une «stigmatisation» et un «police bashing», créant un «sentiment d’impunité» chez les délinquants. Il a réclamé «une grande cause nationale de soutien pour la police».

Le 18 avril, le verdict de l’affaire des policiers brûlés à Viry-Châtillon avait déjà échauffé les esprits, scandalisant les victimes et les syndicats. Huit prévenus avaient été acquittés et cinq avaient écopé de peines allant de six à 18 ans de prison, alors qu’ils encouraient la réclusion criminelle à perpétuité.

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