L'offre française d'asile aux Afghans travaillant pour des ONG liées à la France suscite des critiques

Le drapeau national afghan flotte sur une base militaire à l'extérieur de Kaboul, évacuée par les troupes françaises lorsqu'elles se sont retirées d'Afghanistan en 2012. (Photo d'Alexander Klein/AFP/GettyImages)

Le drapeau national afghan flotte sur une base militaire à l'extérieur de Kaboul, évacuée par les troupes françaises lorsqu'elles se sont retirées d'Afghanistan en 2012. (Photo d'Alexander Klein/AFP/GettyImages)

Paris (CNSNews.com) – Les organisations non gouvernementales françaises travaillant en Afghanistan s'inquiètent de l'impact du retrait des troupes américaines en cours, mais toutes ne sont pas satisfaites de la proposition de l'ambassadeur de France à Kaboul que Paris accorde l'asile aux ONG ' Personnel afghan.

Alors que les talibans progressent dans diverses régions du pays, les agences d'aide humanitaire et d'autres ONG s'inquiètent pour la sécurité une fois que les forces américaines et de l'OTAN seront parties.

Malgré l'incertitude, les ONG continuent de travailler, et beaucoup déplorent l'idée que leurs salariés afghans soient incités à s'installer en France.

En avril, l'ambassadeur de France David Martinon a fait part à l'AFRANE, une association d'agences françaises d'aide humanitaire travaillant en Afghanistan, de ses inquiétudes concernant la situation dans le pays en raison du retrait prévu des troupes.

Martinon a prévenu qu'il s'attendait à ce que la situation se détériore très rapidement à partir de début mai – date initialement prévue pour le retrait complet des forces américaines en vertu d'un accord signé entre les États-Unis et les talibans au début de l'année dernière.

Cette date limite est venue et est passée, mais le président Biden a annoncé que toutes les troupes seront sorties d'ici septembre, un processus qui avance rapidement. Les alliés de l'OTAN et les forces partenaires partent également.

Martinon a obtenu du ministère des Affaires étrangères à Paris l'approbation du visa pour le personnel afghan d'AFRANE, les rendant éligibles à l'asile en France.

Des dispositions similaires auraient été proposées à tous les employés de l'Institut français d'Afghanistan (IFA) et aux enseignants afghans de langue française dans deux lycées et quatre universités de Kaboul à travers le pays.

AFRANE a été fondée peu de temps après l'invasion soviétique de l'Afghanistan en 1979 et travaille dans le pays depuis lors, fournissant des services éducatifs aux Afghans.

L'IFA, qui relève des ministères français des Affaires étrangères et de la Culture, promeut la culture française à l'international.

Depuis mai, 600 Afghans qui travaillaient pour la France et leurs familles se sont vu proposer l'asile sur le sol français, et selon Le Figaro le quotidien 140 était arrivé en France à la fin du mois de mai. L'asile est offert à ceux qui travaillent avec des ONG ainsi qu'à l'ambassade à Kaboul, y compris les chauffeurs, les cuisiniers et le personnel d'entretien

L'intervention de l'ambassadeur n'a pas été bien accueillie par toutes les ONG et associations liées à la France travaillant en Afghanistan.

Dans une déclaration en mai, plusieurs ONG ont qualifié les craintes de Martinon d'exagérées, affirmant qu'elles n'envisageaient pas de danger imminent pour leurs membres du personnel.

Ils ont déclaré que la proposition d'asile de l'ambassadeur envoyait un mauvais signal à ceux qui cherchaient un accord politique, et à l'ensemble de la population afghane, en délivrant le message que les ONG les "abandonnaient".

La déclaration a été publiée au nom de plus d'une douzaine d'ONG françaises dont AFRANE, Médecins Sans Frontières et Chaîne de l'Espoir, qui œuvre auprès des plus démunis.

Le vice-président de l'AFRANE, Étienne Gille, a déclaré fin juin à la télévision France 24 que la situation des effectifs était devenue "extrêmement préoccupante", l'association ayant vu la quasi-totalité de ses 23 salariés afghans partir en France.

Françoise Hostalier, ancienne législatrice française et présidente du Club France-Afghanistan basé à Paris, a exprimé son opposition à l'offre d'asile, écrivant dans un journal catholique français, La Croix, en mai dernier, c'était comme si la France disait que la prise de contrôle de l'Afghanistan par les talibans allait de soi.

Le Club France-Afghanistan a été créé en 2012 dans le but de soutenir la présence d'entreprises et d'organisations françaises en Afghanistan. Hostalier a déclaré que de petites ONG françaises opéraient en Afghanistan depuis 2002 – après le renversement des talibans lors d'une invasion dirigée par les États-Unis – aidant les Afghans à reconstruire le pays ravagé par la guerre.

Elle a prévenu que le bien fait par la France pourrait être défait par le gouvernement français, avec sa proposition qui pourrait conduire à un « exode » du personnel attaché aux ONG.

Des troupes françaises ont été déployées en Afghanistan à partir de la fin de 2001 avec jusqu'à 4 000 soldats stationnés là-bas en 2009 dans le cadre de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) dirigée par l'OTAN.

Lorsque l'ISAF a été remplacée par la mission Resolute Support de l'OTAN en 2012, les troupes françaises ont été retirées, ne laissant en place qu'un petit contingent logistique.

Hostalier a déclaré qu'il était curieux que l'offre d'asile faite maintenant au personnel des ONG n'ait pas été disponible il y a plusieurs années pour les Afghans qui ont servi de traducteurs pour l'armée française – même s'ils seraient probablement plus en danger de représailles à l'avenir.

Vous aimer cet article ? Partagez-le avec un ami !

*********************************

Vous pouvez lire l’article original ici

*********************************

Votre soutien est essentiel pour nous permettre de vous partager une information libre & indépendante.

À l’ère de la censure de masse, pour que nous restions en contact, j’ai besoin que vous vous inscriviez à ma newsletter gratuite ➡️ ICI

Nous avons besoin de financements pour garder notre site en vie et ils proviennent presque exclusivement de la publicité. N’hésitez pas à regarder les offres de nos annonceurs pour lesquels vous seriez intéressé ou nous envoyé votre contribution via Paypal.