«Il faut savoir s’il y a eu consentement», Finkielkraut prend la défense de Duhamel dans le scandale de pédophilie

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Invité sur LCI, Alain Finkielkraut a commenté le cas d’Olivier Duhamel, soupçonné d’avoir abusé sexuellement de son beau-fils. Le philosophe s’est dit écœuré du traitement médiatique réservé à l’affaire.

Sur le plateau de LCI, Alain Finkielkraut s’est indigné du traitement réservé à l’affaire Duhamel dans les médias. Le philosophe a dénoncé les dérives d’une «société victimaire», qui tente de faire du politologue, soupçonné d’inceste sur son beau-fils, une «victime expiatoire».

Parlant de «lynchage», l’écrivain a encore déploré que certaines questions, notamment celle du consentement, ne soient pas plus clairement posées.

«La justice recherche le cas dans sa singularité. Là, on ne peut pas, on n’a pas les éléments. Et quand on essaye de le faire, quand on dit: “Y a-t-il eu consentement? À quel âge ça a commencé? Y a-t-il eu ou non une forme de réciprocité?”, on vous tombe immédiatement dessus», a-t-il déclaré sur LCI.

Le présentateur David Pujadas lui a alors rétorqué que les faits semblaient avoir été commis sur «un enfant de 14 ans». Ce à quoi le philosophe a tenu à apporter une nuance.

«On parle d’un adolescent, ce n’est pas la même chose. Et pour spécifier le crime, il faut savoir s’il y a eu consentement ou non. Mais à chaque fois que vous voulez faire une distinction, ça paraît comme une absolution. Chaque fois que vous recherchez la spécificité, on vous accuse de complicité de crime», a expliqué Alain Finkielkraut sur LCI.

Tribunal médiatique

L’académicien a par ailleurs souligné que ce genre d’affaires ne devait pas être jugé sur les plateaux de télévision, mais dans les prétoires. Il a souligné que la justice cultivait «l’intelligence des cas particuliers», au contraire des médias où se déchaîne «la furie de la pitié».

«On s’unit contre lui. Tous les plateaux de télévision ces derniers jours étaient des tribunaux, avec une surenchère dans la condamnation […]. La justice dans les prétoires, c’est l’instruction à charge et à décharge, c’est le contradictoire, c’est les avocats. Là, ni la victime, ni les accusés ne parlent», a-t-il expliqué, en référence au livre de Camille Kouchner décrivant les faits commis sur son frère jumeau.

«Un homme, ça s’empêche»

Le philosophe a enfin mis en avant la dimension morale des faits, rappelant que chacun était responsable de ses «pulsions». Citant la phrase d’Albert Camus: «Un homme, ça s’empêche», il a souligné qu’Olivier Duhamel était «inexcusable» d’avoir succombé à ses penchants.

«Si mû par une passion inattendue ou par une pulsion irrépressible, Olivier Duhamel n’a pas su, pas pu, ou pas voulu “s’empêcher”, il n’a pas seulement commis un acte répréhensible, ce qu’il a fait est très grave, il est inexcusable», a-t-il déclaré sur LCI.



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