Francis Ngannou, le champion du monde de MMA qui fait vibrer le Cameroun

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Le Camerounais Francis Ngannou est devenu champion du monde des poids lourds de l’UFC, la plus prestigieuse organisation de MMA au monde. Une victoire vécue dans ce pays de foot comme un sacre des lions indomptables du ballon rond. De nombreux Camerounais ne tarissent pas de fierté patriotique.

Le sujet est encore sur toutes les lèvres et barre la Une des journaux dans le pays ces derniers jours du mois de mars. Dans la ville de Douala, où il a passé une partie de sa jeunesse, le sacre de Francis Ngannou, devenu champion du monde des poids lourds de l’Ultimate Fighting Championship (UFC), la plus prestigieuse organisation d’arts martiaux mixtes (MMA) au monde, alimente tous les sujets de conversation dans les rues et bureaux. À bord de son taxi lundi 29 mars, alors que la radio revient en boucle sur cet exploit mondial, Charles Djengue, conducteur, n’en revient toujours: «C’est une fierté nationale. Un Camerounais à ce niveau-là, bravo!», lance-t-il.

«J’ai regardé le combat en direct à la télé et même sans être vraiment fan des sports de combat, j’ai exulté quand notre héros national a donné le coup du KO. On ne peut qu’être heureux de voir un des nôtres porter très haut notre drapeau», confie Alain T, un passager très enthousiaste au micro de Sputnik.

En effet, Francis Ngannou a battu l’Américain Stipe Miocic, dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 mars, en lui infligeant un KO dévastateur au 2e round. Par cette victoire, le Camerounais a ravi à l’Américain le titre des poids lourds de l’UFC, organisation qu’il intègre dès 2015. Une première pour un Africain dans cette catégorie de poids, alors que quelques Nigérians ont pu exceller ces dernières années et ont été sacrés champions poids moyens (Israel Adesanya) et mi-moyens (Kamaru Usman).

Comme une victoire des lions indomptables au foot

Déjà à la veille de l’événement, de nombreux citoyens avaient longuement épilogué sur l’issue possible du combat. Dans les rues du pays comme sur les réseaux sociaux, on ne tarit pas de fierté et d’éloges, au lendemain de cette victoire. Des anonymes aux personnalités publiques, le Cameroun célèbre son champion. Dans une publication sur sa page Facebook, Maurice Kamto, opposant au pouvoir de Paul Biya, salue le sacre du sportif.

«Le champion du monde Francis Ngannou est une fierté pour le Cameroun et pour l’Afrique. Pour notre jeunesse notamment, il est l’illustration de ce que le destin n’est jamais écrit d’avance», a-t-il lancé.

L’ambiance dans le pays depuis cette consécration n’est pas sans rappeler les lendemains des victoires de l’équipe nationale de football masculin, dans un contexte où le sport au ballon rond demeure la principale attraction sportive. Bien qu’habituellement très peu suivie au Cameroun, cette discipline sportive a provoqué une fièvre collective dans le pays, grâce à Francis Ngannou, désormais perché à l’Everest des champions, ceinture royale autour de la taille.

«On a l’impression que les lions indomptables [surnom de l’équipe nationale de foot, ndlr] viennent de remporter un trophée. Tout le monde en parle et célèbre, c’est une bonne chose. Il faut investir dans d’autres disciplines, il n’y a pas que le foot dans la vie», confie à Sputnik Yves Tchaya, cadre commercial dans une entreprise à Douala.

Commentant ce sacre mondial, Léandre Nzié, journaliste et analyste sportif pense qu’au-delà de la fierté patriotique «il faut mettre en lumière d’autres disciplines sportives pour susciter des vocations. Car tous les sports sont rois et doivent être traités avec le même sérieux».

«C’est l’occasion de faire découvrir cette discipline qui pourrait faire éclore d’autres Francis Ngannou… Quand on sait que des Africains subsahariens peuvent avoir des prédispositions pour des sports de combat, il est légitime qu’avec l’érection de Ngannou sur le toit du monde, de plus en plus de jeunes s’intéressent à cette discipline», suggère-t-il au micro de Sputnik.

Un exemple de persévérance

Âgé de 34 ans, Francis Ngannou, affectueusement appelé «le prédateur», compte désormais 16 victoires pour trois défaites. Il est ainsi l’homme à battre dans la catégorie des poids lourds. Un exploit inimaginable pour ce colosse (1,93 m, 113 kg) qui a quitté son Cameroun natal en 2013 pour Paris, où il a été sans papiers durant plusieurs années. Au-delà du sport, le nouveau patron mondial de la division des poids lourds de l’UFC est un exemple, souligne Léandre Nzié, de persévérance et de courage.

«C’est en puisant au plus profond de lui que celui qui est aujourd’hui la fierté de tout un pays a traversé les étapes de la vie les unes après les autres. Il a cru en lui et a réalisé quelque chose de grand au point d’être aujourd’hui champion du monde. Les jeunes Camerounais devraient prendre M.Ngannou comme exemple de persévérance de courage et d’abnégation», insiste-t-il.

Dans le pays, de nombreux fans de sports ainsi que des citoyens de tout bord rêvent déjà du retour de celui qui a défié les affres du désert, comme voyageur clandestin, pour réaliser son rêve. Un rêve que porte nombre de jeunes de sa génération, pour la plupart désœuvrés et en quête de nouveaux repères.



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