Et si les Français étaient de nouveau confinés?

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Si un nouveau confinement s’abat sur les Français actuellement menacés par une quatrième vague épidémique, les uns verront «leur mécanisme de résilience et d’accès au stress dépassé», quand les autres procéderont à des «passages à l’acte brutaux – à la fois individuelle – mais aussi des mouvements collectifs», estime un sociologue.

Alors qu’il y a une dizaine de jours la proportion des cas de Covid-19 dus au variant Delta en France n’était que de 10%, celle-ci s’élève désormais à «environ 20%». La situation se dégrade.

Hier, Olivier Véran a mis en garde contre une «possible» arrivée d’une quatrième vague «dès la fin juillet», appelant à la vaccination massive.

Dans ces circonstances, un nouveau confinement menacerait-il le quotidien de la population française qui vient tout juste de retourner à la normale? Comment les Français le prendraient-ils?

«Certains Français se préparent à un nouveau confinement à la fin de l’été et c’est d’ailleurs pour cela qu’ils se font vacciner. Le fait qu’ils envisagent cette possibilité aide à l’acceptabilité sociale même si elle sera moins importante qu’au premier confinement», avance auprès de L’Express Lise Bourdeau-Lepage, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

D’après la professeure à l’Université Lyon 3, «ils craignent une nouvelle vague et ont tendance à prendre les choses comme elles viennent» alors que nombreux sont ceux qui ont perdu leurs proches.

Proposant de mettre en place des incitations à la vaccination et pointant «des motifs d’inquiétude», le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a abordé ce 5 juillet le problème du regain de l’épidémie, à l’instar du ministre de la Santé.

Les trois confinements

Selon des chercheurs interrogés par L’Express, l’attitude des Français envers le confinement a évolué au fil du temps.

Alors que le premier entrait en vigueur en mars 2020, le membre du Conseil scientifique Franck Chauvin déclarait sur Franceinfo que l’«épreuve du confinement serait « très difficile » pour les Français. Ils ne savent pas encore que deux confinements les attendent. Certes, ils seront moins stricts, mais assortis d’un couvre-feu qui durera sept mois».

En effet, après avoir été «remis en liberté» durant l’été et pendant une partie de l’automne, les Français ont été reconfinés pour les deuxième et troisième fois, respectivement du 30 octobre au 15 décembre puis du 3 avril au 3 mai 2021.

Si en 2021 l’exécutif a préféré ne pas employer le terme «confinement», optant pour des «mesures de freinage massives», la dernière ouverture progressive a été assez longue et a consisté en quatre étapes, dont la dernière a eu lieu le 30 juin.

Selon Mme Bourdeau-Lepage, «à l’état de sidération qui s’est emparé de la population en mars 2020, a succédé «une forme d’érosion ou de lassitude chez les Français». Or, selon une enquête réalisée auprès de 11.000 Français, ceux ayant ressenti avant le confinement un niveau de bien-être élevé ont connu une chute beaucoup plus importante de leur état psychologique que les autres. Ainsi, «il est possible qu’ils acceptent plus difficilement un nouveau confinement».

Alors que les 18-40 ans acceptent moins la vaccination que les autres tranches de la population, les autorités constatent une augmentation de la proportion de nouveaux cas les concernant.

«On a multiplié par trois le nombre de personnes touchées par des troubles anxio-dépressif, entre début 2020 et aujourd’hui», souligne auprès de L’Express Xavier Briffault, sociologue de la santé, évoquant les derniers résultats de CoviPrev.

Dénonçant le mauvais débat sur la crise sanitaire choisi par le gouvernement lors des régionales, le spécialiste poursuit:

«La balance n’est pas entre la liberté et les morts, mais entre l’enfermement généralisé et la formation efficace de la population aux bonnes pratiques de prévention primaire».

D’après lui, face à un possible reconfinement à la rentrée, «la compréhension de la mesure sera impossible par la population».

Et de conclure:

«Un certain nombre de personnes vont voir leur mécanisme de résilience et d’accès au stress dépassé. Cela pourrait entraîner des passages à l’acte brutaux – à la fois individuelle – mais aussi des mouvements collectifs», lance celui qui estime qu’on a «ouvert une boîte de pandore», puisque la situation est imprévisible actuellement.

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