«Du délire»: les réouvertures de classes, un nouveau pari «choquant» d’Emmanuel Macron?

libre info france

Priorité à l’éducation! Malgré la fragilité de l’amélioration de la situation épidémiologique, le gouvernement rouvre les écoles. Pour certains médecins, cette ligne n’est «pas raisonnable». Ainsi, le docteur Jérôme Marty dénonce une décision qui ne lui semble pas adaptée au contexte sanitaire.

«On ne fait pas des paris sur la vie des gens. C’est un peu choquant, ces termes, d’autant plus que c’est devenu presque un élément de langage: c’est le nouveau pari d’Emmanuel Macron. Ils se croient au PMU ces gens-là? C’est du délire…»

Le docteur Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre (UFML), ne cache pas son agacement au micro de Sputnik. Après trois semaines de fermeture et une amélioration encore très fragile de la situation sanitaire, le gouvernement a décidé de renvoyer les élèves du primaire et de la maternelle sur les bancs de l’école, ce lundi 26 avril. Une décision qualifiée sous anonymat de «pari» par un fidèle d’Emmanuel Macron, cité par Le Parisien. Lorsqu’un autre a souligné que l’«on a tous les yeux rivés sur la semaine prochaine. […] On jette une pièce en l’air. On ne sait pas quel va être le retour en termes de situation virale

«On n’ouvre pas les écoles pour des raisons d’amélioration sanitaire, on l’a tous bien compris. Il n’y a pas de corrélation entre cette mesure et l’état sanitaire du pays», fustige le médecin.

Un point de vue également partagé par Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière (Paris). Ce praticien a jugé sur BFM TV que la réouverture des classes «n’[était] pas très raisonnable».

«On a environ 30.000 cas par jour, 6.000 personnes en réanimation, 300 décès par jour», résume le docteur Marty avant d’ajouter: «Les choses ne vont pas bien. Il y a eu une amélioration légère, mais la circulation virale est importante.»

Un choix d’autant plus incompréhensible que les données épidémiologiques n’étaient guère meilleures lorsque le chef de l’État annonçait la fermeture des classes, le 31 mars dernier, souligne le président de l’UFML.

Une situation sanitaire encore fragile

À cette date, la France comptabilisait 59.038 nouveaux cas confirmés de Covid-19, une moyenne de près de 38.000 cas sur les sept derniers jours, 5.053 personnes se trouvaient en unité de soins intensifs et on déplorait 304 décès quotidiens.

Pour le médecin, l’exécutif a donc fait le choix de répondre aux besoins éducatifs, économiques et sociaux du pays, au détriment du sanitaire «qui n’entre manifestement pas en ligne de compte», déplore-t-il.

En effet, pour le gouvernement, l’objectif est ailleurs. Malgré les critiques, laisser les écoles ouvertes semble répondre à une volonté du président de donner la priorité à l’éducation. L’Élysée s’est d’ailleurs félicité du classement de l’Unesco qui indique que la France a été le pays européen qui a le moins fermé ses écoles depuis un an sur la période de mars 2020 à mars 2021, avec dix semaines de fermeture au total, contre vingt-huit en Allemagne et quarante-sept aux États-Unis.

Emmanuel Macron a tweeté une profession de foi: «L’école permet de lutter contre les inégalités sociales et de destin. C’est pourquoi nos enfants doivent pouvoir continuer à s’y rendre et à apprendre, avec un protocole strict.» Avant d’ajouter: «Bonne rentrée à tous! Et continuons à appliquer les gestes barrières (souvenons-nous de la chanson)», une référence au clip qu’il avait demandé aux influenceurs McFly et Carlito, diffusé sur YouTube.

«Lutter contre les inégalités sociales et de destin»

Pour tenter de rassurer l’opinion, Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer se sont rendus dans une école de Melun, en Seine-et-Marne, ce 26 avril, pour «remercier» les enseignants «de leur engagement depuis le début de la crise et aborder avec eux le cadre sanitaire spécifique aux écoles et les moyens mis en œuvre pour assurer la continuité pédagogique», a indiqué l’Élysée.

​Un protocole sanitaire qui est loin de satisfaire tous les syndicats d’enseignants et de parents d’élèves. Si les règles concernant les fermetures de classes en présence de cas positif sont toujours d’actualité, le syndicat SNES-FSU relève «encore trop d’imprécisions et d’oublis». En témoignent les problématiques concernant le rythme de vaccination des enseignants, ou encore la possibilité de réaliser les 400.000 tests salivaires hebdomadaires pour les primaires annoncés par le gouvernement.

​De son côté, le docteur Marty observe néanmoins quelques progrès: «Ils ont compris le rôle de l’aérosol parce qu’ils commencent à nous parler des détecteurs de CO2, des purificateurs d’air, de la nécessité d’aérer toutes les heures, même si ce n’est pas suffisant.» En outre, «ils ont parlé des problématiques des cantines, ils ont interdit le sport à l’intérieur», «ce sont de bonnes choses», concède-t-il.

Reste qu’«il n’y a pas d’explication sanitaire à la reprise scolaire», appuie de nouveau Jérôme Marty.



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