Des soignants décident de quitter l’hôpital face à la dégradation des conditions de travail

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Bien que la troisième vague de Covid-19 déferle, de nombreux personnels de santé et notamment des infirmières quittent les hôpitaux du fait de la dégradation des conditions de travail. Une tendance mondiale qui risque d’aggraver les pénuries actuelles.

La France fait face à la troisième vague de l’épidémie mais un grand nombre de personnels hospitaliers démissionnent face à la dégradation des conditions de travail, rapporte samedi 20 mars TF1.

«On fait du non-stop, on ne s’arrête pas, on ne prend pas de pause, on ne mange pas. On fait nos transmissions, on continue après de finir notre travail, et après on s’en va», déplore une infirmière citée par la chaîne, avant d’ajouter: «On a vraiment tous les types de soins et on est toutes seules pour 48 patients. On s’épuise et après on craque.»

Céline Laville, présidente de la Coordination nationale des infirmières (CNI), tire la sonnette d’alarme concernant ces démissions, pour TF1, «parce qu’on ne pourra plus assurer les soins si on les laisse partir».

«Ils font leur demande à leurs établissements, pour partir, qui sont obligés de leur répondre: « Ok, on va te laisser partir, dans six mois, neuf mois, un an »», ajoute-t-elle.

Cependant, selon TF1, cette mesure va entraîner une augmentation considérable des arrêts maladie et accidents de travail.

«On n’a pas du tout été pris en considération»

Selon une enquête récente citée par la chaîne, environ 70% des soignants indiquent être épuisés par le stress et les conditions de travail.

«Je leur en veux parce que j’ai l’impression qu’on n’a pas du tout été pris en considération. C’était bien beau de nous applaudir tous les soirs, mais pour nous la surcharge de travail est toujours plus importante, mais j’aime mon métier», explique sur TF1 une infirmière qui a quitté l’hôpital en novembre 2020 pour travailler en libéral.

Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF), trouve cet exode «inévitable».

«Dans un contexte où l’hôpital était déjà en sous-effectif avant la crise, où la crise dure depuis un an et avec une pénibilité énorme et une fatigue énorme, qu’il y ait des hospitaliers qui lâchent prise, c’est inévitable. On ne le mesure pas, il n’y a pas de chiffres, mais on sait qu’inévitablement il y en a qui lâchent», indique-t-il à la chaîne.

Une tendance généralisée et préoccupante

Cette tendance n’est pas seulement observée en France bien que le phénomène y soit particulièrement visible. Ainsi, dans sa nouvelle enquête publiée le 11 mars, le Conseil international des infirmières (CII) a mis en garde contre un exode d’infirmières expérimentées qui risque d’aggraver les pénuries actuelles partout dans le monde.

Quelque 90% des associations se disent «quelque peu ou extrêmement préoccupées» par le fait que les lourdes charges de travail, le manque de ressources, l’épuisement professionnel et le stress poussent à cet exode. L’OMS a confirmé le traumatisme de masse subi par les travailleurs de la santé.

«Un signe évident que quelque chose ne va pas»

La présidente du CII, Annette Kennedy, se dit «profondément préoccupée par l’état de la profession infirmière, par les traumatismes mentaux et physiques subis par les infirmières au cours de l’année écoulée et par les nombreuses personnes qui risquent de souffrir de stress post-traumatique», indique le communiqué publié le 11 mars sur le site du Conseil international des infirmières.

«La pression subie par les infirmières est inacceptable et il n’est pas surprenant que tant de nos collègues affectées estiment ne plus pouvoir continuer à exercer des fonctions qu’elles apprécient. Lorsque des infirmières dévouées et expérimentées annoncent vouloir quitter leur profession, il s’agit d’un signe évident que quelque chose ne va pas», poursuit-elle.

Le directeur général du CII, Howard Catton note dans le communiqué que pour retenir les infirmières les plus expérimentées, les gouvernements devront prendre des mesures «audacieuses» comme l’amélioration des salaires et des conditions de travail, l’octroi de modalités de travail flexibles aux infirmières plus âgées, en particulier, et un soutien approprié en matière de santé mentale pour les aider à surmonter les traumatismes de l’année écoulée.

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