«Des pics de chaleur entre 45 à 50 degrés» risquent de frapper la France

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Inondations en Europe et en Chine, «dôme de chaleur» dans l’Amérique du Nord. Face au changement climatique dû aux gaz à effet de serre, les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent plus fréquents, constate le climatologue Jean Jouzel dans un entretien avec Le Point. Un spécialiste russe lui fait écho.

Le changement climatique s’accompagne d’événements météorologiques de plus en plus extrêmes et fréquents, a constaté, dans une interview au Point, le climatologue Jean Jouzel, vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) entre 2002 et 2015.

«Au Canada, il apparaît comme fortement probable, voire certain, que les pics de chaleur observés cet été soient directement liés au réchauffement climatique, lui-même lié à l’activité humaine», a-t-il affirmé.

Les records de température continueront d’être régulièrement battus dans un contexte de réchauffement climatique global, a averti le scientifique. Quant à l’influence de celui-ci sur les inondations en Europe, de même que sur leur fréquence, elle reste encore à analyser.

«Outre les inondations, les canicules et les incendies, on risque aussi d’assister à une augmentation du nombre de sécheresses et de l’intensité des cyclones», a-t-il encore averti.

50 degrés en France?

«Pour l’instant, la France est relativement épargnée par le changement climatique, mais il faut s’attendre à ce que de nouveaux records de chaleur soient battus durant les prochaines années.»

La température moyenne de la Terre risque d’augmenter d’un degré d’ici à 2050, ce qui se fera particulièrement ressentir l’été et dans les villes. Les pics de chaleur pourraient atteindre 45 à 50 degrés en France d’ici à 2050, selon Jean Jouzel.

«Si l’on ne réduit pas rapidement nos émissions de gaz à effet de serre, certaines régions de la planète risquent de devenir littéralement invivables. Il faut tout faire pour éviter ça, mais, malheureusement, rien de vraiment décisif n’est fait.»

Comme le réchauffement climatique «est désormais inéluctable», il faut réfléchir à des mesures pour tenter d’en limiter les effets, appelle le spécialiste. Il faudrait notamment arrêter de construire dans des zones inondables ou trop près des côtes et en finir avec la déforestation. 

«Il n’est pas encore trop tard pour limiter la casse. Mais, malheureusement, nous semblons prendre le chemin inverse.»

Un processus de longue haleine

Contacté par Sputnik, Vladimir Semionov, directeur adjoint de l’Institut de physique de l’atmosphère de l’Académie russe des Sciences, s’est dit partager globalement l’avis de son collègue. Il confirme que l’influence de l’activité humaine est une réalité prouvée par des dizaines de chercheurs depuis une vingtaine d’années. Le climat a augmenté d’un degré, le réchauffement dans les latitudes moyennes de l’hémisphère nord se chiffrant à 1,5–2,5 degrés. Les vagues de chaleur vont se multiplier, confirme-t-il.

La circulation atmosphérique change également, formant souvent des anticyclones de blocage, lesquels restent longtemps sur place en provoquant des vagues de chaleur, empêchant l’air humide de l’Atlantique de pénétrer sur le continent. Le nombre et l’intensité de ces vagues iront croissant, selon le spécialiste.

Quant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, «le système est inertiel», et il est impossible de les diminuer rapidement, l’économie étant trop ancrée sur les technologies qui en produisent, regrette M. Semionov, faisant écho à son collègue français. Les effets tangibles d’un tel ralentissement ne pourront être sentis que d’ici 20 à 30 ans, prévient-il. Un refroidissement ne pourrait par ailleurs être attendu que dans 40 ou 50 ans.

En l’absence de toute mesure en la matière, les températures en Russie, par exemple, augmenteront de huit degrés en été et de 10 degrés en hiver vers la fin du siècle.

 

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