Des manifestants déversent des munitions utilisées par les forces de l’ordre lors de la rave party à Redon – vidéo

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Plus d’une semaine après la fête sauvage évacuée à Redon, environ 300 personnes se sont rassemblées devant la sous-préfecture de la ville pour dénoncer ce qu’elles estiment être une répression. Elles ont apporté et placé sur le pavé des munitions employées par les forces de l’ordre lors de l’évacuation de cette soirée.

Après les affrontements ayant éclatés dans la nuit du 18 au 19 juin lors de l’évacuation de la fête sauvage de Redon, en Bretagne, environ 300 personnes se sont rassemblées le 26 juin devant la sous-préfecture de la ville pour dénoncer une répression policière, rapporte France 3. L’événement a été mené à l’initiative du collectif «Pays de Redon en lutte».

Selon le média, les participants ont déversé des résidus de grenades lacrymogènes sur le pavé près du bâtiment administratif.

Des moyens «disproportionnés»

La chaîne relate que des citoyens de tous âges ont pris part à ce rassemblement et ont apporté les restes des munitions utilisées par les forces de l’ordre alors qu’elles intervenaient pour mettre fin à la fête sauvage réunissant quelque 1.500 individus.

Ils ont dénoncé «la disproportion des moyens de répression mis en œuvre».

La Ligue des droits de l’Homme de Rennes et Redon avait elle aussi annoncé cette action sur son compte Twitter et était sur place comme les groupes d’Amnesty International.

«On a le douloureux sentiment depuis quelques mois qu’il y a une forme de dérive de la doctrine du maintien de l’ordre en France, et si on est là aujourd’hui c’est pour clamer haut et fort que l’État doit protéger les libertés individuelles et pas représenter une menace», a dit Martin Vincent, secrétaire d’Amnesty International Redon, cité par le média.

La fête dégénère

La rave party organisée en hommage au jeune Steve Maia Caniço, mort à Nantes lors de la Fête de la musique 2019, a dégénéré en violents heurts entre les participants et les forces de l’ordre.

Ces dernières ont dû recourir aux LBD et gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Au total, une dizaine d’interpellations ont eu lieu d’après les gendarmes. Six blessés légers ont été constatés parmi les fonctionnaires et un fêtard de 22 ans a eu la main arrachée dans des circonstances qui ne sont pas encore déterminées.

Dans le cadre de l’enquête sur l’organisation et le déroulement de la «free party», sept plaintes ont été portées émanant de «personnes s’estimant victimes notamment de dégradations»: la mairie de Redon, la société des courses de l’hippodrome, quatre propriétaires de parcelles et un riverain.

«Ils font état à ce stade d’un préjudice qu’ils estiment à 97.500 euros», a indiqué le procureur de Rennes Philippe Astruc dans un communiqué.

Il a aussi mentionné le courrier d’une avocate parisienne du 21 juin sur un «signalement de faits de destruction de biens» sans «mentionner de victimes identifiées». «À ce titre, toute personne souhaitant apporter son témoignage, document ou déposer une plainte est invitée à se faire connaître», a-t-il précisé.

Des collectifs présents au teknival de Redon reprochent aux forces de l’ordre d’avoir volontairement détruit du matériel de sonorisation lors de l’évacuation du site, évaluant le préjudice entre 100.000 et 150.000 euros.

Si les gendarmes locaux ainsi que la préfecture d’Ille-et-Vilaine n’ont pas voulu s’exprimer au sujet de la dégradation de ce matériel, les fonctionnaires évoquent «une déferlante de violences» à leur encontre.

Ainsi, la lieutenant-colonel Maddy Scheurer, porte-parole de la Gendarmerie nationale, a déclaré le 19 juin sur Europe 1 que ses collègues avaient été victimes de jets de projectiles en tout genre qui avaient «a minima l’intention de blesser dans nos rangs, voire davantage».



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