Covid-19: les finances de la zone rouge écarlate et les Français vont bientôt "travailler plus dur"?

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En 2020, la France a pris la tête des plus gros contributeurs à la dette publique de la zone euro pour la première fois de son histoire. L'année prochaine, Paris prévoit d'émettre 260 milliards d'euros de dette supplémentaire. Mise à jour sur les finances françaises qui ne sont pas préoccupantes.

Cette année 2020 est l'année de tous les records et souvent la moins agréable. Comme le souligne l'économiste et président du cabinet ACDEFI Marc Touati dans Capitale, Paris vient de prendre la tête des contributeurs de la dette publique de la zone euro. Un premier. Paris (24,1%) dépasse désormais Rome (23,1%) et Berlin (20,8%).

«Le plus triste, c'est qu'en 2000, ces poids dans la dette publique totale de la zone euro étaient de 27,8% pour l'Italie, 25,9% pour l'Allemagne et 17,5% pour la France. En 2010, ils étaient respectivement de 24,6%, 23,7% et 21,7% », précise Marc Touati.

Pas étonnant quand on sait que le ratio dette / PIB de la France continue d'augmenter depuis 40 ans, de 20% en 1980 à environ 60% en 2000, puis à 80% après la crise de 2008. D'ici 2020, il pourrait environ 120% d'ici la fin de l'année. En 2019, le plafond de 100% n'a été dépassé dans la zone euro que par le Portugal, l'Italie et la Grèce. Bienvenue au club.

Il faut dire que la crise du Covid-19 a donné une forte impulsion au problème des finances publiques. La France anticipe un déficit budgétaire d'environ 10,5% en 2020. C'est nettement plus que la moyenne de la zone euro (8,6%). Pour 2021, avec le retour de la croissance, Paris table sur un déficit public de l'ordre de 6,7% contre 5,9% attendu dans la zone euro.

Des mesures de soutien qui pèsent lourdement

En matière d'endettement, les projections macroéconomiques de la Banque de France pour 2022 jugent que «En raison de l'augmentation du déficit couplée à la baisse du PIB, la dette publique augmenterait fortement à 119% du PIB en 2020, après 98,1% en 2019, et diminuerait à peine à la fin de l'horizon de projection. La moyenne de la zone euro augmenterait dans le même temps (à 101% du PIB à la fin de 2020 et à 100% du PIB à la fin de 2022), mais dans des proportions plus faibles ».

Paris a tout mis en œuvre pour soutenir les secteurs économiques totalement touchés par près d'un an de pandémie et deux verrouillages. Un plan de redressement de 100 000 millions d'euros a été mis sur la table avec des garanties publiques de prêts bancaires, des moratoires de remboursement. Sans parler des régimes de chômage partiel et du report des cotisations et autres aides sectorielles qui ont été mis en place.

Plus de 125 milliards d'euros de prêts garantis par l'État (PGE) ont déjà été accordés à plus de 600 000 entreprises. Économiste Philippe Simonnot récemment expliqué à Spoutnik que "Compte tenu de la situation économique, nous pouvons déjà avoir 140 à 150 milliards de prêts garantis distribués en 2020". "Il est énorme", il a jugé.

D'autant que cela pourrait coûter cher à la France et mettre plus de pression sur les finances publiques. En cas de faillite des entreprises ayant bénéficié de ces PGA, l'Etat serait obligé de contribuer à hauteur de 90% du montant pour les TPE et PME, et de 70 à 80% pour les grandes entreprises. Une hypothèse basée sur une étude de la Banque de France et élaborée avant le second lock-out prévoyait un défaut de 4,6% sur l'ensemble des prêts.

"D'après les commentaires que j'ai de la part des banquiers, nous nous dirigeons vers un taux de défaut de 10%", analysait-il fin novembre avec Spoutnik Philippe Simonnot.

Cela représenterait donc des milliards d'euros de pertes pour l'État.

Quand la BCE appelle la fin de la récréation …

L'impact des mesures de soutien aux finances françaises était préoccupant jusqu'au sommet de l'Union européenne. Un rapport récent de la Commission appelait à suivre la dette à moyen terme de plusieurs pays, dont la France:

"Certaines mesures présentées par la France, l'Italie, la Lituanie et la Slovaquie ne semblent pas être temporaires ou compensées par d'autres dispositions budgétaires."

Le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, a demandé "Regardez au-delà du court terme": "Les États membres doivent adopter des mesures de soutien temporaires spécifiques et ne pas alourdir durablement les finances publiques."

En mars dernier, l'UE a décidé de suspendre ses règles de discipline budgétaire. Malgré l'arrivée prévue un ou plusieurs vaccins efficace contre le Covid-19, il faudra plusieurs mois pour que l'activité revienne à la normale. Consciente de cela, la Commission a invité les 19 pays de la zone euro "Assurez-vous que votre politique budgétaire continue de soutenir l'activité en 2021".

Une stratégie qui politique monétaire ultra-accommodante la Banque centrale européenne (BCE) et les taux très bas, voire négatifs, auxquels de nombreux pays de la zone euro, dont la France, empruntent, le rendent plus supportable.

La plupart des économies conviennent que l'institution dirigée par Christine Lagarde continuera à soutenir massivement l'économie en injectant des liquidités colossales et en maintenant une politique de taux d'intérêt bas. D'autres s'inquiètent déjà de la fin du coup de sifflet.

C'est notamment le cas de Marc Touati dans les colonnes de Capitale:

"Dans ce contexte, il ne faut pas rêver: quand la BCE coupera et a fortiori arrêtera sa folle" imprimerie ", la France subira une forte hausse des taux d'intérêt sur ses emprunts d'Etat."

Un scénario de cauchemar qui pourrait en être à l'origine d'une crise de la dette française calqué sur ce que la Grèce a vécu après la crise financière de 2008.

Le retour de l'austérité?

D'autant que dans un proche avenir la France n'aura guère la possibilité de réduire sa dette, bien au contraire. En 2021, Paris prévoit d'émettre 260 milliards d'euros de dette à moyen et long terme sur les marchés. Un enregistrement. Lors d'une conférence de presse, Anthony Requin, PDG de l'Agence France Trésor (AFT), a expliqué que "2020 est l'effet de la crise et 2021 sera l'effet du plan de relance".

La question du remboursement de la colossale dette française est donc en passe de servir de casse-tête aux experts de Bercy pour les années à venir. Après les milliards alignés pour soutenir l'économie, la période post-Covid-19 sera-t-elle marquée par une cure d'austérité sévère?

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a promis de ne pas augmenter les impôts. Le sénateur LR Bruno Retailleau a assuré le 6 décembre sur BFMTV que "C'est la croissance qui va rembourser la dette, car l'économie est dynamique".

Encore ça Dans une interview à Journal du dimanche Publié le 6 décembre, le rapporteur budgétaire Laurent Saint-Martin a prévenu que les réformes structurelles menées par Emmanuel Macron, notamment les retraites et l'assurance chômage, "Toujours pertinent". Ce dernier a été chargé de souligner les limites de l'endettement massif et a rappelé que "La réforme des retraites reste à notre ordre du jour".

Ainsi que le célèbre "Travailler plus" qui sera, selon le rapporteur budgétaire, "L'une des clés de la croissance".

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