Atteint d’un double cancer, Bernard Tapie réclame le droit de choisir sa mort

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Après le blocage à l’Assemblée d’une proposition de loi sur le droit de choisir sa mort, Bernard Tapie relance la polémique. Témoignant de ses souffrances liées à un double cancer, il appelle à autoriser la pratique, car «exister, ce n’est pas utile. Vivre, c’est utile».

Trois semaines après le suicide assisté d’Alain Cocq, militant pour «une fin de vie digne», Bernard Tapie a réclamé auprès de LCI le droit de choisir sa mort, faisant part de ses souffrances causées par le double cancer dont il est atteint.

«Je suis dans une phase un peu moins douloureuse. Mais j’ai été pendant un mois à souffrir le martyre du matin au soir, à ne pas pouvoir me lever, manger. Vous vous battez contre cette volonté d’y mettre un terme», confie-t-il.

La proposition de loi visant à affirmer le libre choix de la fin de vie présentée en avril à l’Assemblée nationale par le député Olivier Falorni (groupe Liberté et territoires), et qui a obtenu le soutien de plusieurs partis, n’a toutefois pas été adoptée, à cause des plus de 3.000 amendements apposés par des élus LR.

La liberté du patient «doit pouvoir prévaloir jusque dans le choix de sa fin de vie», selon la proposition de loi. Les députés insistent également sur le fait que la France présente «le plus haut taux de suicide chez nos aînés d’Europe».

«Exister, ce n’est pas utile. Vivre, c’est utile», poursuit l’homme d’affaires sur LCI, appelant à autoriser la procédure. «Faut arrêter de nous faire chier à vouloir nous faire vivre comme eux l’ont décidé […]. Est-ce que moi je vais m’occuper de la manière dont va mourir tel ou tel ministre? Chacun a sa mort», martèle Bernard Tapie.

Où en est la France?

En France, seule l’euthanasie «passive» est autorisée, soit la réduction ou l’arrêt d’un dispositif médical de maintien de vie.

Par ailleurs, plus de 90% de Français se déclarent pour une légalisation de l’euthanasie dans leur pays, selon un sondage Ifop réalisé en avril pour l’Assemblée. Alain Delon, victime d’un AVC il y a deux ans, réclame le droit «de choisir de foutre le camp tranquillement».

Atteint d’une maladie incurable, Alain Cocq, qui a vécu pendant 35 ans en soins palliatifs, est décédé mi-juin par suicide assisté en Suisse. En 2020, il s’est adressé à Emmanuel Macron pour obtenir l’autorisation de se faire prescrire un médicament entraînant la mort. Le Président de la République a refusé.

Près de 300 députés français de divers partis, dont plus de la moitié du groupe LREM, ont demandé début mai à Jean Castex d’aborder cette proposition de loi. Plusieurs ministres (Marlène Schiappa, Emmanuelle Wargon, Olivier Dussopt et Agnès Pannier-Runacher) ont apporté leur soutien.

Quid de l’Europe?

En Europe, l’euthanasie active est légale aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg, et depuis le 25 juin en Espagne. En Suisse, il s’agit d’un suicide assisté: le patient s’administre le médicament prescrit par son médecin.

Certains pays ont fait évoluer leur législation, adoptant l’arrêt de traitement si le patient le souhaite, comme en Allemagne, au Portugal, en Autriche, en Suède, en Finlande, dans les pays baltes, au Danemark, en Slovénie, en Slovaquie, en Bulgarie et en Hongrie, mais pas en France

Cette pratique reste interdite en Italie, en Grèce, en Pologne, en Roumanie, en Croatie et en Irlande.

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