Après sa mise en examen pour corruption, Rachida Dati contre-attaque et s’en prend à la justice

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Envisageant toujours de se présenter à la primaire de la droite en 2022, Rachida Dati, mise en examen dans le cadre de l’affaire Carlos Ghosn, charge les juges auprès du Parisien. Selon l’ancienne garde des Sceaux, «on tente d’entraver son engagement dans les échéances qui s’annoncent».

Mise en examen pour «corruption passive», «trafic d’influence passif», ainsi que «recel d’abus de pouvoir» dans l’enquête sur ses prestations de conseil en 2010-2012 auprès de l’ex-PDG de l’alliance Renault-Nissan Carlos Ghosn, Rachida Dati se défend. 

Dans une interview accordée au Parisien, la maire du septième arrondissement de Paris explique que «tout a toujours été déclaré et contrôlé» et que toutes «les preuves de son travail» pour l’alliance Renault-Nissan ont été apportées.

«On me reproche des missions effectuées il y a plus de 10 ans pour l’un des premiers constructeurs automobiles. J’avais un contrat rédigé par la direction juridique du groupe. Il n’y avait aucune ambiguïté entre mon activité de député européen et mon activité d’avocat».

Estimant que «la justice devient instrumentalisée pour un combat politique inavoué», Mme Dati envisage toujours d’être candidate à la primaire de la droite.

«Comme en 2019 [lors de la campagne pour les municipales, ndlr], on tente d’entraver mon engagement dans les échéances qui s’annoncent!». Mais «ma conviction et ma détermination sont intactes. Je serai de ce combat», a-t-elle déclaré.

Déjà sous la menace d’une mise en examen

Le Canard enchaîné a révélé le 27 juillet que l’ancienne garde des Sceaux avait été mise en examen le 22 juillet dernier pour «corruption passive par personne investie d’un mandat électif public au sein d’une organisation internationale», en l’occurrence le Parlement européen où elle était élue à l’époque, et «recel d’abus de pouvoir». Cette information a été confirmée ensuite par le parquet national financier.

Les enquêteurs cherchent à établir si elle a touché 900.000 euros d’honoraires en tant qu’avocate auprès de l’alliance Nissan-Renault entre 2010 et 2013.

Rachida Dati avait déjà été sous la menace d’une mise en examen dans cette affaire. Toutefois, suite à un interrogatoire de 16 heures le 27 novembre 2020, elle avait finalement été placée sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre ceux de simple témoin et de mis en examen.

Affaire Renault-Nissan

Pour rappel, cette enquête a été déclenchée après la plainte d’un actionnaire de Renault, qui avait exprimé ses soupçons sur l’usage inconsidéré des fonds de Renault par Carlos Ghosn. Il trouvait notamment que les montants de contrats étaient douteux, relate Franceinfo.

L’affaire porte sur des contrats signés par RNBV, la filiale néerlandaise à 50-50 entre Nissan et Renault censée incarner l’alliance, lorsque Carlos Ghosn en était le PDG. Dans ce cadre, des perquisitions avaient été menées chez Renault, notamment dans le bureau de M. Ghosn, ainsi que dans le bureau et au domicile de Rachida Dati.

Carlos Ghosn fait l’objet de quatre chefs d’inculpation par la justice japonaise, en particulier pour abus de confiance et détournements de fonds. ll s’est enfui au Liban fin décembre dernier, alors qu’il avait été libéré sous caution et préparait son procès au Japon où il avait été arrêté en novembre 2018.

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